L’objectif zéro carbone, élément-clé de la stratégie des investisseurs

Actualités Out-Law | 06 Apr 2021 | 1:24 pm | 2 min. de lecture

Seuls 17 % des investisseurs se sont fixés un objectif zéro carbone, selon une étude commandée par la société de gestion d'actifs Robeco et réalisée auprès de 300 des plus grands investisseurs institutionnels, assureurs & distributeurs du monde en Europe, Amérique du Nord et Asie- Pacifique.

Le gérant d’actifs prévoit toutefois que 52 % des investisseurs auront un tel objectif d'ici cinq ans. Selon un expert, l'hydrogène vert pourrait devenir un investissement zéro carbone intéressant à l'avenir. 

L'étude révèle que 42 % des investisseurs dans le monde n'ont pas éliminé les actifs à forte teneur en carbone de leur portefeuille au cours des cinq dernières années.

Mais « ce chiffre devrait tomber à seulement 19 % pour les investisseurs institutionnels et 25 % pour les investisseurs privés au cours des cinq prochaines années », indique l'étude. Ce changement se produira principalement en Europe et en Amérique du Nord, où plus de 60 % des investisseurs prévoient d'adopter un objectif zéro carbone au cours de cette période, selon le rapport. Mais les résultats de l'étude de Robeco montrent également « des lacunes importantes dans la compréhension des questions clés, de nombreux investisseurs ne sachant tout simplement pas par où commencer dans ce domaine, ou comment faire la différence ».

Eran Chvika

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« En France, l'hydrogène vert a été explicitement prévu dans les programmes énergétiques axés sur l'incorporation de l'hydrogène décarboné dans l'industrie et le développement d'une stratégie de mobilité propre. »

« En France, l'hydrogène vert a été explicitement prévu dans les programmes énergétiques axés sur l’intégration de l'hydrogène décarboné dans l'industrie et le développement d'une stratégie de mobilité propre. »

Le changement climatique est de plus en plus un facteur de décision pour les investisseurs. L'expert en financement de projets Eran Chvika de Pinsent Masons affirme que cela se constate dans le développement du marché de l'hydrogène vert grâce à des investissements massifs de grands acteurs industriels.

« Certains pays, individuellement ou en partenariat, prennent déjà des mesures pour développer le marché de l'hydrogène. Le projet entre l'Australie et l'Allemagne pour explorer une nouvelle chaîne d'approvisionnement en hydrogène entre les deux pays en est un excellent exemple. Toutefois, à l'heure actuelle, la majeure partie de l'hydrogène produit est alimentée par des combustibles fossiles - l'hydrogène vert n'est pas actuellement compétitif en termes de coûts. Toutefois, le coût de la production d'hydrogène vert devrait diminuer considérablement à mesure que la production se développe », a-t-il déclaré.

La Commission européenne a adopté une stratégie pour l'hydrogène vert en juillet 2020, qui vise à rendre l'hydrogène vert compétitif par rapport aux combustibles fossiles grâce à la création d'un cadre réglementaire favorable.

« En France, l'hydrogène vert a été explicitement inclus dans les programmes énergétiques axés sur l’intégration d'hydrogène décarboné dans l'industrie et le développement d'une stratégie de mobilité propre. L'objectif est de permettre le déploiement de cette ressource à plus grande échelle », a déclaré M. Chvika, qui précise que le déploiement de cette ressource la rendra plus compétitive et donc plus attractive pour les investisseurs.

Les entreprises et les investisseurs devront également faire face à la nature dangereuse des matériaux produits, qui nécessitent une réglementation stricte, et qui peuvent rendre l'aspect contractuel plus complexe. Un cadre contractuel sophistiqué existe dans les projets classiques d'hydrogène, a déclaré M. Chvika.

« Ce cadre comprendra souvent un accord entre actionnaires, y compris les investisseurs financiers, ainsi qu'un accord financier et une éventuelle subvention publique. Dans un projet hydrogène, un contrat de conseil pour la conception et les aspects techniques est également courant. Les obligations réglementaires telles que la préparation d'une étude de danger ou d'un plan de sécurité seront également transférées aux contractants. Dans ce contexte, les contrats d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction (EPC) ont tendance à jouer un rôle important ».

Etant donné la nature de l'industrie et des projets, les clauses de changement de loi sont également essentielles dans ce type de contrat.
Tous ces paramètres expliquent le temps nécessaire aux investisseurs pour entrer sur le marché.

Pourtant, comme le souligne Eran Chvika, « si bon nombre des risques associés aux projets d'hydrogène vert sont susceptibles d'incomber aux sous-traitants dans la première phase de croissance de ce secteur, il existe néanmoins des opportunités pour ces mêmes sous-traitants de démontrer une expertise précoce dans ce domaine et de se positionner pour bénéficier d'un partage plus équilibré des risques lorsque le marché arrivera inévitablement à maturité. »