Brexit : un potentiel avantage pour une part du marché immobilier parisien

Actualités Out-Law | 17 Mar 2021 | 10:04 am | 2 min. de lecture

Le Brexit, désormais effectif, accentue la tendance de ces derniers mois au profit de la place parisienne.

Selon l'étude menée par Knight Frank France, le Brexit a provoqué une forte croissance de la demande d'immobilier de bureaux à Paris. Les mouvements de la Grande-Bretagne vers la France ont généré une demande supplémentaire d'espaces de bureaux estimée entre 35 000 et 60 000 mètres carrés. On estime ainsi que 576 entreprises ont quitté la Grande-Bretagne pour d'autres pays européens depuis le référendum de 2016. La France, et notamment Paris, a ainsi bénéficié de 97 délocalisations, dont une vingtaine en 2020, ce qui place la capitale au deuxième rang européen, derrière Dublin. La majorité des entreprises concernées appartiennent au secteur financier (76%), loin devant les assurances (9%) et le secteur juridique (5%).

« On peut à nouveau constater l’intérêt indéfectible pour le quartier central des affaires, qui demeure année après année une valeur sûre, tout particulièrement pour les entreprises du secteur financier, souligne Julien Chabanat, avocat en droit immobilier chez Pinsent Masons. Les actifs de qualité et bien loués tirent plus que jamais leur épingle du jeu dans un marché de l’investissement marqué par la prudence et un certain attentisme. »

Cette réussite de Paris se fait au détriment de la région Île-de-France et des autres métropoles françaises, qui sont boudées par ces nouveaux venus. Ces entreprises favorisent le quartier central des affaires, qui représente 84% des projets de délocalisation, d'implantation ou d'expansion enregistrés depuis 2016 en Île-de-France, loin devant La Défense, où seulement 6% sont enregistrés.

L'accord signé le 24 décembre 2020 ne semble pas remettre en cause les projets de délocalisation et d'implantation. Plusieurs d'entre eux devraient donc se concrétiser dans les prochains mois.

Un élément pourrait toutefois les impacter : la crise sanitaire. La baisse de la création d'emplois et le déploiement du télétravail pourraient contraindre certaines entreprises à redimensionner leurs projets, et donc à réduire le besoin de bureaux.

« La crise sanitaire a clairement fait sauter un certain nombre de verrous qui ralentissaient le développement du télétravail et cela n’est pas sans conséquence sur le marché, confirme Me Chabanat. On observe une tendance en faveur des actifs offrant de la flexibilité aux entreprises soucieuses d’allier respect de la distanciation et autres gestes barrières avec la nécessité de conserver un lien social minimum qui est indispensable au travail des équipes. »

La crise sanitaire et le premier cycle d'endiguement semblent également avoir eu un fort impact sur l'investissement des particuliers dans le marché immobilier parisien, qui se ralentit.

Comme les Français, les étrangers non-résidents investissent dans les zones rurales plutôt que dans les centres urbains. Et le constat se confirme pour la capitale, surtout si l'on se concentre sur les quartiers habituellement les plus convoités par les acheteurs étrangers non-résidents (6e, 7e, 8e, 16e). Par exemple, alors qu'ils représentaient 17% des investisseurs en 2015, ils n'étaient plus que 9,4% au troisième trimestre 2020. Selon les projections des pré-contrats, ce ralentissement du marché mondial semble se poursuivre pour le premier trimestre 2021.